Franck Dubosc Boeing 747 Texte intégral sketch Humour Télécharger Audio MP3 Vidéo Youtube
Franck Dubosc : Boeing 747
Ah, je me souviens de cette fois où j'ai posé un bœing 747 en pleine Pampa.

Ah, l'autre, je l'entend encore, je vous jure : - « Non ? C'est pas vrai ! ».
- « Comme tu peux être naïve Véronique ! »

Enfin je veux dire il n'y a rien d'extraordinaire à poser un bœing 7-4-7 en pleine Pampa entre Caracas et Puerto Rico...
J'allais au Maroc...
Donc là, j'étais tranquille dans les toilettes, je faisais l'amour avec une hôtesse...
- Quoi vous prenez jamais l'avion ou quoi ?
Et là tout à coup, PAF, une secousse.
Ni une ni deux je cours à la cabine de pilotage...
E tlà j'aperçois le capitaine écroulé dans les bras du sous pilote, lui-même complètement groguis.

Tout de suite je leur dis : - "Surtout ne vous inquiétez pas. Je suis comédien."
Alors là, si la panique t'envahis t'es foutu..
Non parce qu'un bateau qui coule, ça va, tu peux toujours nager...
Mais un avion qui s'écrase, tu vas pas t'envoler !
Ah, ça, la nature est stricte là-dessus, un homme en l'air : il tombe.
Ah, moi j'invente rien, il y a un mec qui l'a démontré avec une pomme : c'est la loi de la gravité.
Je vous dis, on est peu de chose.
Un homme, à 2000 mètres d'altitude, s'il n'a pas de parachute, c'est une pomme.
Et là, dans mon Boeing, j'ai tout de suite vu la compote.
350 pommes dans le même panier, dis donc.
Aussi sec, j'ai pris les commandes du Boeing - pousse toi capitaine - :
« Oui allo Fox Bravo ici Tango Charlie, 2-0 quart sud-est, vent de tribord, 0 en visuel à deux heures... ».
- Non je déconne j'y connais rien.
Non j'y suis allé pudique : « Allo, il y a quelqu'un ?
Oui bonjour voilà je m'appelle Franck Dubosc, voilà, c'est dit, c'est moi qui conduis l'avion.
Comment ???
Non je ne plaisante pas, c'est moi qui tiens le volant ou le guidon d'ailleurs, je ne sais pas comment vous dites...
Oui c'est la première fois monsieur, et je suis fier que ce soit sur votre compagnie.
Je crois qu'on va faire du bon boulot.
Pardon ? Ma position ? Assis.
Mon taux de pressurisation ? ».
Ah non attends là, il m'énervait le mec !
Il arrivait pas à comprendre que j'avais jamais conduis un avion.
Je suis désolé, ça peut quand même arriver, mince.
Je me suis dis, tant pis, je vais le poser tout seul.
J'ai coupé le truc.

Et là ils sont cons les mecs parce que mes 350 pommes c'est pas de la compote que je risque d'en faire, c'est du cidre.

Alors j'ai pris le micro et j'ai prévenu mes passagers :
« Bonjour mesdames et messieurs, ici Franck Dubosc qui vous parle, au commande de ce Boeing 747 à destination de...
Ben de la terre déjà, ce sera pas mal.
Alors je vais vous demander d'accrocher vos ceintures ,parce que je vais descendre un petit peu pour voir où on est.
Ah, Rock and Roll !
Ladies and gentleman, yesterday all my troubles seem so far away, oh I believed and yesterday and good luck. »

Donc là je me suis saisi des commandes, et j'ai amorçé une descente pour voir quelque chose.

Hop hop hop, pas trop, je remonte.
Un coup d'œil sur l'autre côté.

Là que je l'ais bien en main, j'ai fais un looping, deux loopings pour la rigolade !
Là j'ai écris Franck dans le ciel avec la fumée du moteur qui avait explosé.
Après, j'ai volé 300 mètres sur le coté genre Top Gun, puis après j'ai vomi.
Et là je me suis dis, bon faut atterrir, alors je suis allé voir mes passagers :
« Bonjour Messieurs Dames - Hop hop hop hop, je vois qu'il y en a qui ont pas supporté les looping dis donc !
On va redistribuer des petits sacs en papier pour l'atterrissage là parce que je ne suis pas sûr que ça se passe tout seul tout seul. »

Et là j'ai senti dans leurs yeux comme une lueur d'inquiétude.
Alors je les ais regardés comme ça, je leur ais dis : « Un jour un homme a dit : - « Partir c'est mourir un peu »
Et ben disons que quand la mort vous tend les bras, il faut savoir... - oh pardon excusez moi -...
il faut savoir lui dire « Bonjour je t'attendais et tu ne me fais pas peur ».
BAAAAH. Je plaisante !!!
Ah ben, elle est morte !

Et si certains d'entre vous s'en sortent, toi peut-être, ou toi, ou, non pas toi, je suis désolé tout le monde ne va pas s'en sortir.
J'espère qu'un jour ils pourront dire « J'y étais ».
Enfin je vous dis ça, normalement ça se passera sans problème.
En revanche je vais vous demander de relever vos sièges et de redresser vos tablettes...
- Il parait que ça fait moins mal quand on s'écrase...

Donc là je suis retourné au poste de pilotage, et j'ai prévenu la tour de contrôle :
« Ecoutez moi bien vous qui m'écoutez... Je ne sais pas qui vous êtes...
Tout ce que je sais c'est que j'ai avec moi 350 pommes que je suis bien décidé à poser sur notre bonne vieille terre.
Je vous préviens, je vole à la hauteur des mouettes.
Je suis déjà bien bas.
Et si qui qui ce soit s'y oppose, même une jolie fille, je n'aurais de cesse que de la poursuivre...

Terminé. »

Donc là j'ai pris un petit verre de Tequila pour me donner du courage...
« Attention, c'est parti mon kiki ! » - (Musique : "Tu vuo far l'americano" de Dany Brillant).

J'ai coupé les moteurs, j'ai enlevé l'autoradio, je l'ai caché dans la boite à gants et je suis sorti de l'avion pour aller rejoindre les passagers qui commençaient à descendre aussi émus et en même temps troublés face à moi.
- (Musique : "Everybody's talking at me" d'Harry Nilson).

Et c'est marrant parce qu'est-ce que j'ai fais ?
J'ai poussé deux manettes, j'ai plané sur 30 noeutiques, j'ai sorti le train de secours sans hydraulique en inversant les variateurs...
And so what ? Et si quoi ?
C'est marrant comme les gens ont besoin de se fabriquer des leaders, des chamanes comme on dit chez moi.
Maintenant là bas on m'appelle « l'homme qui parle avec les oiseaux », « el hombre que parla con les cui cui ».
On dit qu'un aigle m'a tendu les mains, que les montagnes se sont écartées sur mon passage et que désormais je vis, là haut...
... Dans la Sierra...
... Avec Florent Pagny...

(c) Franck Dubosc