Raymond Devos : Le clown

S'accompagnant d'un doigt ou quelques doigts le clown se meurt,
         S'accompagnant d'un doigt ou quelques doigts le clown se meurt,
Sur un petit violon et pour quelques spectateurs,
         Sur un petit violon et pour quelques spectateurs.

(Il éternue. L'archet lui échappe des mains et il essaie de l'attraper.)
- Ah, j'y arrive plus, j'arrive plus à attraper mon archet !

D'une petite voix comme il en a jamais eu,
         D'une petite voix comme il en a jamais eu
Il chante l'Amour,
         D'une petite voix comme il en a jamais eu, il chante l'Amour
Et l'Amour chante en retour...

(Il s'endort, et reçoit, du pianiste, un coup de pied dans le derrière.)
- Excusez-moi, j'ai eu un coup de pompe.
(Au pianiste) : - C'est vous, hein ?... C'est vous ! C'est vous qui m'avez giflé par derrière ! Hein !
Non mais, rendez-vous compte de... devant tout le monde ! Vous m'avez ridiculisé...
- Pas de réponse, pas de réponse... Moi, je m'en vais...

Eteignez les lumières puisque le clown est mort,
         Eteignez les lumières puisque le clown est mort,
Et vous, applaudissez, admirez son effort !
         Et vous, applaudissez et admirez son effort !

(Il salue, se courbe en deux et, courbé en deux en position figée, reçoit de nouveau un coup de pied dans le derrière.)

Devos : - Hein ? Quoi ?
Pianiste : - Ça fait... ça fait deux fois que je vous vois comme ça.
Devos : - Hein ? Mais je ne dormais pas là, je saluais.
Pianiste : - Comment ça, tu saluais ?

(c) Raymond Devos.

Remarques :
- Le titre qu'interprète Raymond Devos est "Le Clown" de Gianni Esposito dont voici les paroles :

S'accompagnant d'un doigt ou quelques doigts, le clown se meurt,
Sur un petit violon et pour quelques spectateurs.
         Ma chè v'ha fatto de male sta povera creatura,
         Ma chè c'iavete da ridere et portaije jettatura !
D'une petite voix comme il n'en avait jamais eue,
Il parle de l'amour et de la joie, sans étre cru.
         Se voi non comprendete,
Si vous ne comprenez pas,
         Almeno non ridete
Au moins ne riez pas.
Ouvrez donc les lumières puisque le clown est mort,
Et vous, applaudissez, admirez son effort.

(c) Gianni Esposito

- Raymond Devos a remplacé "Ouvrez donc les lumières" par "Eteignez les lumières"...